L'A 31 à 2x3 voies atteindra la frontière

Publié le 30/01/2011
L'avant-projet du Schéma national des infrastructures des transports, revu et corrigé par Nathalie Kosciusko-Morizet, retient la mise à 2x3 voies de l'A 31 entre Thionville et la frontière luxembourgeoise.
L'A 31 à 2x3 voies atteindra la frontière
L'A 31 à 2x3 voies atteindra la frontière
L'avant-projet du Schéma national des infrastructures des transports, revu et corrigé par Nathalie Kosciusko-Morizet, retient la mise à 2x3 voies de l'A 31 entre Thionville et la frontière luxembourgeoise.

© Le Républicain Lorrain, Dimanche le 30 Janvier 2011 / Région

Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l'Ecologie, a présenté, jeudi à Paris, un avant-projet « consolidé » du Schéma national des infrastructures de transport (Snit). La Lorraine tire son épingle du jeu et les efforts déployés par certains élus et socioprofessionnels, dont le Conseil économique social et environnemental (Cese), n'ont pas été vains. En étudiant le document fastidieux, il apparaît, en effet, que la région est gagnante dans les domaines ferroviaire et routier.

La route, en premier lieu. Le Snit prend acte de l'abandon de l'A32 et confirme le projet d'aménagement du nord au sud de l'A31 de Toul à la frontière luxembourgeoise. Après examen de l'avis de l'autorité de sûreté environnementale, la ministre valide donc la nécessité de faire face aux problèmes de congestion sur l'axe autoroutier nord-sud lorrain. Est retenue une version dite « bis ou optimisée de l'A31 » revue à la hausse par rapport à la version Borloo.

L'économie générale repose sur la création d'un contournement de Nancy par l'ouest entre Toul (55 000 véhicules/jour dont 20 % de poids lourds) et Dieulouard, sur la mise à 2x3 voies entre Nancy et Metz et non plus seulement de Dieulouard à Metz, sur la mise à 2x3 voies entre Thionville (77 000 véhicules/jour dont 14 % de poids lourds) et Luxembourg oubliée dans la version Borloo et la création d'un contournement de Thionville par l'ouest.

Patrice Sanglier, secrétaire général de la CFDT Lorraine, chargé des questions de transport, plaide pour « une troisième voie entre Thionville et Luxembourg qui soit dédiée aux transports en commun routier afin de compenser un cadencement ferroviaire encore insuffisant ». Bertrand Mertz, maire de Thionville et président du Syndicat des transports urbains pour le nord de la Moselle, défend la même position, d'autant plus, rappelle-t-il, que « les autorités luxembourgeoises ne veulent pas entendre parler de 2x3 voies au-delà de la frontière ». Leur option est le développement des transports en commun qui conforte la stratégie de « transport en commun en site propre », défendue par le maire de Thionville.

Ouverture vers le sud

Côté ferroviaire, deux nouveaux projets lorrains apparaissent dans la liste des priorités nationales. Ainsi, est inscrite en 28e position « l'amélioration de la liaison entre la Lorraine et la vallée du Rhône ». L'ouverture ferroviaire sud de la Lorraine par Épinal, avec raccordement à la LGV Rhin-Rhône au sud de Lure, est donc reconnue comme nécessaire. Il restera à convaincre pour qu'elle soit mise en priorité pour une réalisation engagée le plus près possible de 2020. Les Lorrains pourraient gagner une heure pour aller à Lyon en train et les Spinaliens deux heures trente !

Côté ferroviaire toujours, il semblerait que le ministère reconnaisse le besoin de réaliser des stratégies de délestage du sillon ferroviaire majeur (Thionville-Metz-Nancy). Les autorités ministérielles admettraient l'engagement de travaux pour créer une voie de délestage pour le fret entre Thionville et Toul, évitant à ce type de trains d'engorger le sillon ferroviaire là où les conflits de trafics y sont forts.

Ces satisfactions ne doivent pas dissimuler une déception. En effet, la reconnaissance d'intérêt national d'une plateforme trimodale multi-sites sur la Moselle (Thionville-Illange, Metz-La Maxe, Nancy-Frouard) reste à gagner.

P. R.