Le tour de Lorraine d'un Premier ministre en mission

Publié le 05/06/2012
De Forbach à Toul, Jean-Marc Ayrault a exhorté hier les Lorrains à élire des socialistes « pour que le changement dispose d'une majorité ». Un investissement du Premier ministre à la hauteur de l'enjeu pour la gauche.
Le tour de Lorraine d'un Premier ministre en mission
Le tour de Lorraine d'un Premier ministre en mission
De Forbach à Toul, Jean-Marc Ayrault a exhorté hier les Lorrains à élire des socialistes « pour que le changement dispose d'une majorité ». Un investissement du Premier ministre à la hauteur de l'enjeu pour la gauche.

© Le Républicain Lorrain, Mardi le 05 Juin 2012 / IG /

 

 

Le maire PS de Forbach, Laurent Kalinowski, candidat aux législatives, a donné au Premier ministre une lampe de mineur. En tant que maire de Nantes, Jean-Marc Ayrault en possédait déjà une, offerte par le maire de la ville jumelle... Sarrebruck ! Photo Philippe RIEDINGER

Il y a deux possibilités pour lesquelles Jean-Marc Ayrault pourrait ne plus être Premier ministre d'ici à trois semaines : qu'il ne soit pas réélu député de Loire-Atlantique ; ou que les Français renvoient à l'Assemblée nationale une majorité de droite. Si la première hypothèse est très peu probable, la seconde représente une menace assez sérieuse pour que le chef du gouvernement s'implique à corps perdu dans la campagne électorale.

Tout au long de son périple lorrain, hier, le Premier ministre a assorti cet appel évident d'un autre message : le changement est en marche, donnons-lui les moyens de s'épanouir. « Déjà, lance-t-il à Forbach, nous avons pris les premières mesures concrètes dans le cadre de nos petits moyens » - voilà pour le changement - « avant d'avoir une majorité à l'Assemblée nationale » - voilà pour le scrutin de dimanche.

A l'heure où Ayrault prodiguait ses encouragements à Laurent Kalinowski, qui tente de ravir son siège à l'UMP Pierre Lang à Forbach, les syndicalistes de Florange étaient reçus à l'Elysée. Une question, dans toutes les têtes : un gouvernement peut-il faire plier Mittal ? « Plus le gouvernement sera fort, plus nous pourrons le faire reculer », insiste le chef du gouvernement. « En fait, commentera dans l'après-midi le vieux sage lorrain, Jacques Chérèque, ex-ministre des Reconversions (1988-1991), seule une stratégie européenne concertée avec la Belgique, le Luxembourg et l'Espagne peut avoir assez de poids. » Exactement ce que semblent penser François Hollande et Arnaud Montebourg.

Les gestes simples

De Forbach à Toul, escorté par les responsables et les militants du PS - mais sans qu'on aperçoive nulle part le moindre képi de gendarme ou calot de CRS, ce qui a épaté plus d'un badaud -, le Premier ministre a multiplié les gestes simples destinés à prouver l'« exemplarité » des nouveaux dirigeants du pays. En discutant longuement avec les représentants CFDT et CGT de Saint-Avold, venus plaider pour la chimie lorraine. En montrant son expérience d'élu local à l'occasion de sa visite aux femmes en détresse du centre d'hébergement de Metz. En descendant dans les caves malodorantes des sinistrés du Clos de Médreville, à Nancy, pour les assurer de la solidarité de la Nation...

A un solliciteur naborien, Ayrault réplique : « Je compte sur vous, et après vous pourrez compter sur moi. » Tout en s'amusant du culot opportun de Fedwa, cette jeune femme de Forbach, qui non seulement réussit à le faire poser avec elle pour la photo, mais encore lui glisse une enveloppe recélant une lettre détaillant les difficultés de son frère, qui multiplie les stages sans parvenir à trouver du travail. La vraie vie, les vrais gens.

Pour soutenir Laurent, Paola, Jean-Yves, Christiane, Aurélie et les autres, le Premier ministre contourne la voie des promesses imprudentes. « Je ne veux pas dire que les réalités économiques disparaissent », tempère-t-il en évoquant le dossier ArcelorMittal. Mais, la mèche impeccable en toutes circonstances, il joue la carte du « rassemblement ». « Même si vous n'avez pas voté pour François Hollande, vous souhaitez la stabilité et la justice. » Réponse dimanche, à l'heure du dépouillement.

Bernard MAILLARD. Notre reportage vidéo sur www.republicain-lorrain.fr