Les saisonniers, ces salariés de plus en plus prisés

Publié le 10/07/2012 (mis à jour le 13/07/2012)
L'emploi saisonnier représente près de 60 000 salariés chaque année en Lorraine. Face au poids croissant de cette activité, la CFDT prend son bâton de pèlerin pour informer ces travailleurs précaires de leurs droits.
Les saisonniers, ces salariés de plus en plus prisés
Les saisonniers, ces salariés de plus en plus prisés
L'emploi saisonnier représente près de 60 000 salariés chaque année en Lorraine. Face au poids croissant de cette activité, la CFDT prend son bâton de pèlerin pour informer ces travailleurs précaires de leurs droits.

Le Républicain Lorrain, Mardi le 10 Juillet 2012 / Région /
 

Pour recruter du personnel, certaines entreprises, comme Walygator n'hésitent pas à organiser des catstings géants.

Ce n'est un scoop pour personne. La Lorraine n'est pas la première région pourvoyeuse d'emplois saisonniers. Selon les chiffres de l'Insee, elle se classe au seizième rang national en la matière. Chaque année, 57 400 salariés lorrains sont embauchés sous le motif d'un surcroît d'activité saisonnier. Et ce, sous trois formes de contrats : CDD, intérim pour 21 000 salariés ou par le biais d'un contrat saisonnier pour 22 000 d'entre eux.

Concernant ce dernier, le tourisme représente le quasi unique employeur, à 99 % en Lorraine, contre 89 % au niveau national. Dans les autres régions, l'agriculture et l'industrie agroalimentaire génèrent une part plus importante. La répartition territoriale de ces emplois saisonniers n'est pas homogène. Plus de la moitié des emplois sont concentrés en Moselle et un quart en Meurthe-et-Moselle, avec une densité plus forte dans les zones d'emploi de Metz et Nancy. Dans les hôtels-restaurants, le recours aux saisonniers est plus prononcé dans les Vosges, avec 4 200 salariés.

En Lorraine, la part des femmes et des moins de 30 ans est plus élevée qu'au niveau national. Le profil a également évolué : « Nous avons pendant longtemps eu affaire à des étudiants. Maintenant, on retrouve de plus en plus de précaires qui viennent faire des heures », explique Stéphane Vannson, secrétaire régional de la CFDT.

Public jeune et exploité

Comme chaque été, le syndicat prend son bâton de pèlerin pour partir à la rencontre des saisonniers : « C'est un public jeune, plus facilement exploité. Du fait de leur statut et d'un rythme de travail un peu particulier, ils sont parfois dans une situation qui fait que la plupart de leurs droits ne sont pas respectés. Nous sommes là pour leur rappeler d'être vigilants. »

Bonne nouvelle, en 2011, la CFDT a mené une enquête sur leur réalité de travail. 83 % évoquent de bonnes conditions, et ils sont plus nombreux encore à se plaire dans ce travail. La proportion de satisfaits diminue à 69 % quand sont évoquées les rémunérations. Parmi les irrégularités les plus courantes : « Les heures supplémentaires non payées ou non comptabilisées ou le non-respect du repos hebdomadaire. L'an dernier, en fin de saison, nous avons traité une cinquantaine de cas. Aucune affaire n'a terminé devant les prud'hommes. Un simple courrier à l'employeur a suffi pour régulariser la situation. » Seuls 8 % se disent mal logés. Normal, la plupart sont recrutés sur place. Seuls 7 % des saisonniers lorrains viennent d'une autre région, la moyenne nationale étant de 14 %. La caravane de la CFDT entame, dès aujourd'hui, sa tournée des hauts lieux de l'emploi saisonnier. Elle sera présente au parc Walygator de Maizières-lès-Metz et au zoo d'Amnéville ce matin avant de s'installer pour la journée devant l'Imax d'Amnéville. Avant de se déplacer, demain, vers Contrexéville et Vittel, puis jeudi à Gérardmer et La Bresse et enfin vendredi à Jeanménil, près de Rambervillers, où se trouve le parc de loisirs de Fraispertuis.


 

 
 

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