Pôle emploi essuie des critiques

Publié le 15/06/2011
Deux ans et demi après sa création, Pôle Emploi, né de la fusion des Assedic et de l'ANPE, est de nouveau sur la sellette avec un document du CESE pointant des « insuffisances », dans le domaine de l'accompagnement.
Pôle emploi essuie des critiques
Pôle emploi essuie des critiques
Deux ans et demi après sa création, Pôle Emploi, né de la fusion des Assedic et de l'ANPE, est de nouveau sur la sellette avec un document du CESE pointant des « insuffisances », dans le domaine de l'accompagnement.

Vosges Matin, Mercredi le 15 Juin 2011 / France

Actuellement, un agent suit cent demandeurs d'emploi, et la mission d'accompagnement n'est pas suffisamment remplie, selon le rapport du CESE. (Photo d'archives)

En moins de trois mois, le projet d'avis élaboré par la section « travail et emploi » du Conseil économique, social et environnemental, présidée par Françoise Geng (CGT), est le troisième document relativement sévère sur le fonctionnement du service public de l'emploi. En avril, une étude de l'Inspection générale des finances comparait les effectifs et l'efficacité de ce service (Pôle emploi, missions locales) à ses homologues allemand et britannique et soulignait que les tendances observées chez ces deux voisins « invitaient à réfléchir à une intensification de l'offre de services d'accompagnement des demandeurs d'emploi en France ».

Un mois plus tard, la CFDT publiait à son tour une enquête sur le quotidien des agences de Pôle emploi au titre parlant : « Malaise des deux côtés du guichet ». Cette fois, dans le document que son assemblée plénière examine depuis hier, le CESE dresse un « bilan contrasté » de la réforme du service public de l'emploi, qui n'a pas « encore produit tous les résultats attendus », et d'une restructuration « peu préparée » et toujours « inachevée ».

Sont tour à tour épinglés la coopération des différents acteurs au niveau régional, la gouvernance, les surcoûts engendrés par la réforme, le désengagement financier de l'Etat, le manque de moyens, les difficultés pour les agents de Pôle emploi et les risques psycho-sociaux potentiels.

Mais surtout « la mission d'accompagnement des demandeurs d'emploi demeure très insuffisante et le service aux entreprises encore perfectible », estiment les auteurs.

L'accompagnement devrait être affiné, personnalisé, avec une meilleure offre de formation, des délais raccourcis et, pour cela, le nombre de demandeurs suivis par chaque conseiller « limité de manière notable », préconisent-ils. « Quand on connaît le ton habituel plutôt feutré des rapports du conseil, il est difficile d'être plus critique que ça », souligne un spécialiste issu de la filière « économie sociale », Michel Abhervé, professeur associé à l'Université de Marne-la-Vallée.

« Le problème c'est que la fusion a été conçue en période d'amélioration de la situation du chômage et n'a pas été revue quand la crise est arrivée. Au contraire, on a demandé aux gens d'aller plus vite et on a déstabilisé encore le système », commente-t-il. « A un moment, le politique a interféré constamment dans la gestion de l'entreprise Pôle emploi, tandis que les partenaires sociaux ont été bien pusillanimes vis-à-vis des pouvoirs publics », ajoute-t-il.

Le directeur général de Pôle emploi a pour sa part défendu son bilan hier, soulignant que le rapport du CESE, « fouillé », faisait bien apparaître « la complexité de l'opération de fusion, engagée dans un contexte d'explosion du chômage et donc de charge de travail considérable ».

Mais il a aussi reconnu le bien-fondé des critiques sur l'accompagnement des demandeurs, se disant « favorable à une personnalisation renforcée », directement liée « au nombre de conseillers que l'on peut mettre en face des demandeurs d'emplois ». Actuellement, un agent suit plus de cent demandeurs en moyenne au lieu de l'objectif initial de 60.