Pôle Emploi : un vrai cauchemar !

Publié le 16/11/2011
Chômage : les violences ont augmenté de 20 % en un an aux guichets nancéiens des ex-ANPE/Assedic.
Pôle Emploi : un vrai cauchemar !
Pôle Emploi : un vrai cauchemar !
Chômage : les violences ont augmenté de 20 % en un an aux guichets nancéiens des ex-ANPE/Assedic.

© L'Est Républicain, Mardi le 15 Novembre 2011 / Nancy

 


 

Aux guichets, « la moindre étincelle peut mettre le feu aux poudres »... Photo Dominique CHARTON

Une intersyndicale s'est constituée dans les agences nancéiennes de Pôle Emploi, alors que dans les autres régions françaises, hier, la grève était lancée uniquement par le syndicat majoritaire SNU.

Cette particularité s'explique « par une situation plus difficile qu'ailleurs. La Lorraine est une des régions où le chômage a le plus augmenté. Pendant que les effectifs de Pôle Emploi diminuaient... » assure Philippe Aveaux, de la CFDT.

En trois ans, depuis la fusion ANPE/Assedic, les agents titulaires lorrains sont passés de 1860 à 1706 et les contrats précaires de 200 à 90, « pendant que le nombre de demandeurs d'emploi augmentait de 30 % », précise le syndicaliste.

Agents mal formés

La grève n'a pourtant pas remporté un franc succès hier. 16,07 % de grévistes selon la direction, qui a effectué ses calculs sur l'ensemble de ses effectifs en Lorraine (et non sur les gens qui devaient effectivement travailler hier). 25 % selon Ludovic Louis, délégué du SNU et secrétaire du CE.

« C'est parce que beaucoup d'agents ne sont pas au travail, mais en formation sur les droits aux indemnités », assure le responsable syndical, pour qui « Pôle Emploi n'a plus les moyens nécessaires pour assurer ses missions de service public ».

Un conseiller nancéien doit s'occuper en moyenne de 184 dossiers de demandeurs d'emploi par mois, « alors qu'en fait, on en a plus de 200 ! C'est impossible à tenir. On effectue donc beaucoup de suivis par téléphone, avec quelques minutes pour dire aux gens qu'on n'a pas grand-chose à leur proposer... » assure Yann Venier, délégué CGT.

La tension a augmenté d'un cran avec la nouvelle procédure d'inscription des demandeurs d'emploi, qui n'ont plus affaire à un ex-agent Assedic et un ex-ANPE, mais à un seul fonctionnaire de Pôle Emploi issu de l'ANPE, pas toujours correctement formé pour répondre aux questions sur le versement des allocations.

« Il y a parfois des erreurs au moment des inscriptions, face à des chômeurs de plus en plus mécontents. Les agents sont victimes d'insultes, de menaces, les tensions montent. Récemment, à l'agence Saint-Thiébaut, deux demandeurs d'emploi en sont venus aux mains parce que l'un était passé devant l'autre dans la file. La moindre étincelle met le feu aux poudres », assure Yann Venier.

Claviers fracasséset éclats de voix

Son collègue de la CFDT témoigne également que « les agents de l'accueil ne peuvent pas toujours répondre aux questions, car les compétences leur font défaut, et les dossiers des demandeurs d'emploi ne sont plus forcément traités dans l'agence, mais ailleurs, mutualisés sur une plate-forme de liquidation... »

Résultat : écrans qui volent en l'air, claviers fracassés, éclats de voix, insultes. En un an, les violences ont augmenté de 20 % aux guichets, selon les représentants syndicaux. La direction ne nie pas que « les agents font un métier très difficile », mais refusait hier « toute prise de position un jour de grève ».

Philippe MERCIER

phmercier@voila.fr