Prison verrouillée

Publié le 14/11/2010
A l'appel de l'intersyndicale, le centre pénitentiaire de Nancy-Maxéville va vivre lundi son premier blocage dur.
Prison verrouillée
Prison verrouillée
A l'appel de l'intersyndicale, le centre pénitentiaire de Nancy-Maxéville va vivre lundi son premier blocage dur.

© L'Est Républicain, Dimanche le 14 Novembre 2010 / 24 heures Meurthe-et-Moselle
Nancy-Maxéville va connaître son premier réel blocage lundi. Photo d'archives Dominique CHARTON

EXTRACTIONS DE DETENUS, transferts. intervenants hors-pénitentiaire... Dans le cadre d'un mouvement national, les syndicats FO, CGT, FSU et CFDT appellent les personnels des établissements de Sarreguemines, Oermingen, Toul, Ecrouves, Saint-Mihiel, Montmédy, Epinal et Metz à converger vers Nancy, demain lundi 15 novembre à 7 h.

« Nous voulons que le centre pénitentiaire de Nancy soit le symbole de la contestation d'un personnel saturé », expliquent Fadila Douki, déléguée régionale FO et Eric Schmitt, son homologue CGT. « Le budget 2011, reflet d'une politique de l'économie forcée, ne fera qu'accentuer les difficultés déjà existantes avec accroissement de l'insécurité et de la pénibilité du travail », dénoncent les deux représentants syndicaux. « Nous sommes un maillon indispensable, sinon garant du bon fonctionnement de la société et pourtant nous avons le sentiment d'être méprisés par nos autorités », ajoute Fadila Douki. « Et ça n'ira pas en s'arrangeant. Le temps est venu d'exprimer notre mécontentement ! »

Ouvert en juin 2009, le centre pénitentiaire de Nancy-Maxéville - 690 mais 890 lits installés... - « a été présenté comme un fleuron mais c'est un flop total », assure Eric Schmitt. « C'est un gouffre à personnel, des salariés en souffrance. Imaginez le ressenti d'un surveillant du centre de détention - là ou les cellules sont ouvertes - seul dans un couloir avec une soixantaine de détenus, inoccupés, à gérer... »

Nancy zone expérimentale

Selon FO, il manquerait une vingtaine de surveillants à Nancy. Et de pointer du doigt la contre-visite médicale opérée par un organisme privé de façon « quasi systématique dans un délai de 48 heures dès lors que quelqu'un produit un arrêt de travail... »

« Quid de la revalorisation salariale et indemnitaire ? », renchérit FO. « Un surveillant avec quatre ans d'ancienneté touche 1.430 EUR nets. Pour l'instant, les heures supplémentaires sont payées, mais il est question d'en supprimer une partie. Mais elles ne cessent d'augmenter alors qu'on a un besoin criant de personnel... »

Nancy-Maxéville et son unité hospitalière sécurisée interrégionale (UHSI) à Brabois, serviront de zone expérimentale au 2e semestre 2011, pour la migration de nouvelles missions qui, jusqu'alors, incombaient aux gendarmes et policiers. A savoir transferts de détenus, extractions judiciaires, gardes statiques...

« Ce ne sont pas tant ces nouvelles missions qui nous inquiètent que le manque de moyens matériels et humains pour les accomplir », assurent les deux syndicalistes.

L'intersyndicale table sur une petite centaine de manifestants ce lundi, avec tente et barbecue au programme. Un feu de palettes et de pneus pourrait durcir le blocage devant le sas. A moins que les forces de l'ordre déjà prévues en renfort, ne jouent les pompiers. L'UFAP, elle, « majoritaire dans le Grand Est », jouera les fantômes.

« Habituée à initier les mouvements, l'UFAP se tiendra pour une fois en retrait », indique Arnaud Gateau. « Des discussions sur les effectifs, les nouvelles missions, la suppression de miradors... sont toujours en cours et nous ne voulons pas les rompre. Tout est encore flou. Si les propositions s'avèrent insatisfaisantes alors oui, on bougera ».

Alain THIESSE

alain.thiesse@estrepublicain.fr