Régionales : « Une escroquerie »

Publié le 16/02/2010 (mis à jour le 17/02/2010)
Pour Cécile Duflot, patronne des Verts en déplacement hier en Lorraine « le débat sur les retraites a été engagé de manière perverse ».
Régionales : « Une escroquerie »
Régionales : « Une escroquerie »
Pour Cécile Duflot, patronne des Verts en déplacement hier en Lorraine « le débat sur les retraites a été engagé de manière perverse ».

Mardi 16 Février 2010, © L'Est Républicain / FRANCE 

Cécile Duflot, hier en Lorraine, avec Eva Joly et Daniel Béguin, tête de liste Europe-Écologie dans la région.

« Ce débat sur les retraites, tel qu'il est lancé, c'est une escroquerie absolue, un délire de communication et d'idéologie, une manière perverse d'engager le débat ». En moins de 30 secondes, c'est balancé. Cécile Duflot, venue avec Eva Joly, soutenir la liste Europe-Ecologie en Lorraine, est manifestement pressée. Le regard happé par les messages qui défilent sur son téléphone portable, elle disparaîtra en pleine conférence de presse pour aller prendre son train, son TGV de retour à Metz.
La vallée de la Fensch, chère naguère à Lavilliers, et surtout aujourd'hui à Dimitri qui buzze comme un malade sur le net avec « Marchand d'acier » aura accueilli pendant trois petites heures la patronne des Verts pour dialoguer avec les représentants syndicats (CGT, CFDT, FO) de Sollac, à Florange. Des écologistes au coeur du bassin sidérurgique, voilà qui ressemble à un casting de Chatilliez pour un film sur le captage de CO2. Un projet à 500 millions d'euros n'est-il pas en gestation sur le secteur, suscitant d'ailleurs le scepticisme d'Europe Ecologie ?
« Cela peut passer pour de la provocation, c'est en fait très réaliste, on est les seuls à présenter une vraie politique industrielle, à travailler sur la manière d'intégrer la production sidérurgique dans la logique d'un développement soutenable » plaide Cécile Duflot. « Les délocalisations ne sont pas une fatalité. Repousser l'âge de la retraite n'est pas une fatalité non plus. A condition de bien poser le débat et de ne pas le centrer sur l'âge et la durée de cotisation alors qu'un quart des 18-25 ans est au chômage, que l'immense majorité quitte leur emploi à 58 ans en moyenne et se retrouve parfois au RMI . Il faut parler modes de financement, ne pas évacuer la question du chômage, qui pèse sur les déséquilibres sociaux ».
Le chômage, « c'est la faute aux banques qui ont provoqué la crise, aux grands groupes, comme Mittal, qui ont des holdings dans les paradis fiscaux et qui privent ainsi l'Etat de recettes », embraye l'ex-juge Eva Joly. « C'est une injustice nord-sud, c'est une injustice entre les multinationales imposées sur leurs bénéfices à hauteur de 8%, quand elles les déclarent, et les petites entreprises imposées à 30 % ».
N'allez surtout pas vanter à Eva Joly les mérites du Luxembourg tout proche qui accueille chaque matin 60.000 frontaliers lorrains : « C'est un vrai paradis fiscal qui affiche une croissance forte au détriment des pays voisins » tranche l'euro-députée. « La question des paradis doit être traitée au niveau européen. Je constate que les Etats-Unis commencent aussi à s'y intéresser. Un sénateur a travaillé à plusieurs projets de loi sur le sujet. C'était le sénateur Obama » .
Eva Joly n'est pas allée jusqu'à ajouter : « Yes we can ».

Philippe RIVET