Téléphones et internet rassemblent

Publié le 08/10/2010
En Lorraine, plusieurs villes ont été touchées hier par la mobilisation lycéenne orchestrée dans tout le pays via Facebook et autres SMS.
Téléphones et internet rassemblent
Téléphones et internet rassemblent
En Lorraine, plusieurs villes ont été touchées hier par la mobilisation lycéenne orchestrée dans tout le pays via Facebook et autres SMS.

 

« Facebook et les SMS sont pour nous un moyen de diffusion très efficace » reconnaît Victor Colombani, président de l'union national des lycéens, qui a lancé un appel pour « une immense mobilisation pour le 12 octobre ». Mais les lycéens ont pris de l'avance. Le message général, pourfendant la réforme des retraites, a été envoyé via Facebook aux « amis ». Puis le message s'est propagé à la vitesse de l'éclair, se diluant dans les méandres du réseau social et des SMS diffusés en envois groupés. « Le message était d'organiser des assemblées générales pour s'organiser et fonctionner de façon démocratique », poursuit Victor Colombani, conscient des limites et des dangers d'une mobilisation virtuelle. De fait, les jeunes se sont retrouvés partout en France, sans leader et sans mots d'ordre fédérateurs. Ces mouvements spontanés ont mis les forces de l'ordre devant le fait accompli. Ainsi à Verdun, la journée a débuté par la tournée d'une cinquantaine de lycéens dans les établissements de la ville. Au plus fort de la journée, la manifestation comptait 400 personnes. Une minorité d'éléments incontrôlables a profité du rassemblement pour briser des vitrines, bousculer les chaises des terrasses sorties et renverser des poubelles. A Saint-Avold, 400 lycéens ont défilé dans un calme relatif (lire notre reportage). A Sarrebourg, la spontanéité du mouvement n'a pas laissé le temps de confectionner des banderoles. La manifestation sans mot d'ordre, réunissant 300 élèves du lycée Mangin, s'est cependant déroulée sans incident, grâce notamment à une jeune fille, Clara, qui a multiplié les appels au calme.
Ni Metz ni Nancy

Etrangement, Metz et Nancy n'ont pas été touchés par ces manifestations, contrairement à Besançon, Belfort, Lorient, Toulon, Le Creusot, Rodez... Hier, au coeur de la manifestation parisienne, Victor Colombani estimait « la mobilisation à plus de 100 000 manifestants ». Il y voit le présage d'une mobilisation massive des jeunes le 12 octobre prochain. « Ils ont leur place dans le cortège », estime Alain Gatti, secrétaire régional de la CFDT Lorraine. L'enseignant qu'il était se dit néanmoins « mal à l'aise devant le risque d'instrumentalisation des jeunes ». Denis Pesce, secrétaire de la CGT Moselle, y voit « la conscience politique d'une jeunesse face à la difficulté de la situation qui les attend ».