Université lorraine : le non de l'intersyndicale messine

Publié le 19/01/2011
L'intersyndicale messine votera contre le texte portant création de l'université de Lorraine (UdL), mardi prochain, faute d'avoir été entendue sur plusieurs points d'organisation. Du résultat de ce vote dépend l'avenir de l'UdL.
Université lorraine : le non de l'intersyndicale messine
Université lorraine : le non de l'intersyndicale messine
L'intersyndicale messine votera contre le texte portant création de l'université de Lorraine (UdL), mardi prochain, faute d'avoir été entendue sur plusieurs points d'organisation. Du résultat de ce vote dépend l'avenir de l'UdL.

© Le Républicain Lorrain, Mercredi le 19 Janvier 2011 / Région /

 

Le 25 janvier prochain, le vote du conseil d'administration de l'université Paul Verlaine-Metz déterminera l'avenir du projet de fusion des universités lorraines. Photo RL

Le 25 janvier prochain, le conseil d'administration (CA) de l'université Paul-Verlaine-Metz (UPV-M) devra se prononcer sur le projet de décret portant création de l'Université de Lorraine (UdL). Un vote historique qui se déroulera le même jour dans les trois universités nancéiennes et doit ouvrir la voie, après validation en Conseil d'État, à la fusion des universités lorraines au 1er janvier 2012. Coup de tonnerre hier : l'intersyndicale de l'UPV-M (regroupant le Snesup, le SNPTES, AI et Sup'Recherche-Unsa, le Sgen-CFDT, la Ferc-Sup-CGT et l'Unef) a appelé à voter contre ce texte, en précisant toutefois qu'elle restait « favorable à la fusion des universités lorraines et l'a prouvé en étant sans cesse force de propositions ». Cependant, l'intersyndicale affirme ne plus pouvoir « soutenir le projet en l'état ». Une annonce qui intervient alors qu'une assemblée générale étudiante, également hostile au projet de fusion, est convoquée pour demain. Sobrement, le président de l'UPV-M et actuel président du Pôle de recherche et d'enseignement supérieur (Pres) de Lorraine, Luc Johann, a expliqué : « Je ne vais pas aller compter les voix maintenant. Je défends le projet d'université de Lorraine. Chacun doit prendre ses responsabilités pour la Lorraine. » Car s'il entend les griefs formulés par l'intersyndicale, le Pr Johann les réfute point par point, expliquant que « cela fait plus de deux mois que les discussions sont ouvertes autour de ce texte. Là, j'ai le sentiment que l'on sort des choses du chapeau dans la dernière ligne droite ! »
Sans réponse

Une analyse que ne partage pas Gérard Caussaint, secrétaire départemental 57 du SNPTES qui estime au contraire que « nombre de questions posées par l'intersyndicale restent sans réponse ». Ce dernier dresse d'ailleurs une liste précise des points de crispation (lire ci-dessous) et rappelle que le 30 septembre dernier, l'intersyndicale avait soutenu « la poursuite du projet, en précisant la liste strictement limitative de dérogations au cadrage national des universités qu'elle souhaitait et en formulant des demandes de garanties sur le respect des équilibres territoriaux ».

Des équilibres territoriaux au coeur de toutes les préoccupations dans ce dossier : on se souvient que le conseil général de la Moselle avait lui aussi, le 25 novembre dernier, voté à l'unanimité, une motion réclamant des « certitudes sur le maintien, à terme, d'une recherche de pointe à Metz ».

Mais sur ce point, Luc Johann apparaît à l'aise : « La notion de territorialité figure dans le projet de règlement intérieur de la future UdL et je me suis battu personnellement, encore lors de la dernière réunion des quatre CA, pour que des garanties soient apportées en la matière. »

Le vote du 25 janvier montrera si ces garanties auront su convaincre la majorité des trente membres du CA messin. En son sein, « l'intersyndicale ne ' pèse ' que six voix au sens strict », reconnaît Gérard Caussaint. Mais le nombre des indécis y est cependant très difficile à évaluer avec précision.

Le suspense est donc à la hauteur de l'enjeu pour toute la Lorraine : immense. Car si le non l'emporte, le projet d'UdL serait compromis.

Hervé BOGGIO.