Vers un durcissement du mouvement

Publié le 12/10/2010
Les militants ont envahi le hall de la préfecture, hier matin entre 11 h et 11 h 30, par les militants de l'Intersyndicale.
Vers un durcissement du mouvement
Vers un durcissement du mouvement
Les militants ont envahi le hall de la préfecture, hier matin entre 11 h et 11 h 30, par les militants de l'Intersyndicale.

 

Photo Marc WIRTZ

Le bras de fer continue. Alors que le Parlement accélère le vote de la réforme, les syndicats durcissent le mouvement. Mobilisation aujourd'hui et nouvelle action samedi avec un oeil sur la grève reconductible demain.

On ne lâchera rien ! » Les syndicats CGT-CFDT-CFTC-FO-CFE/CGC-FSU et UNSA n'ont que ce mot à la bouche pour poursuivre le mouvement contre la réforme des retraites. Aujourd'hui, ils donnent un nouveau rendez-vous aux salariés, le quatrième avec manifestations et grève reconductible à la clé. Et comme pour se mettre en jambes, les militants ont mené, hier, une opération coup de poing à la préfecture de Metz. Une quarantaine d'entre eux a occupé le grand hall pendant une petite demi-heure en claironnant « Retraite, retraite à 60 ans ! », sans véritablement perturber les services ni provoquer d'intervention des forces de l'ordre.

Une manifestation symbolique, aux antipodes de celle de mai 2009, évacuée de façon musclée par les CRS. Les militants avaient entamé la journée en distribuant des tracts, de bon matin, aux automobilistes place Raymond-Mondon, à Metz. « Et les gens nous ont fait un très bon accueil », réagissent les responsables syndicaux.

Grève reconductibleou pas ?

En attendant, l'intersyndicale semble solidement camper sur ses positions, à quelques nuances près tout de même.

Surtout que l'accélération du vote au Sénat des principales dispositions de la réforme constitue, selon les syndicats, « une provocation qui traduit la grande fébrilité du gouvernement. » De quoi nourrir la mobilisation d'aujourd'hui avec des rassemblements programmés dans les villes principales de la région et une anticipation sur la suite, samedi; pour laquelle quatre points chauds sont d'ores et déjà arrêtés en Moselle : Metz, Thionville, Sarreguemines et Sarrebourg. Toutefois, les syndicats ne manqueront pas d'observer ce qui se fait dans les entreprises, du côté des transports et dans l'éducation, dès demain. De fait, les mots d'ordre de grève reconductible se sont multipliés. FO y est visiblement favorable pour éviter un essoufflement du mouvement, alors que la CFDT ne la décrète pas, mais l'approuvera si elle vient des salariés. « On ne veut pas s'enfermer dans un type d'action, mais si la base veut durcirle mouvement, on l'appuiera », précise la CGT. Quant aux actions spontanées menées par les lycéens, les syndicats y voient « un renfort bienvenu dans leur combat. C'est un plus pour nous. »

Reste que les usagers devront aujourd'hui s'armer de patience dans les transports. La grève interprofessionnelle à la SNCF se traduira en Lorraine par un TER sur trois, un TGV sur trois vers Paris, un train sur deux pour les Corail. Dans les écoles, un instituteur sur deux devrait être en grève, les postiers le seront également. Mais dans l'éducation, on ne s'attend pas un mouvement reconductible contrairement aux transports, sur les rails notamment (www.ter-sncf.com ou www.sncf.com)

o Les rendez-vous aujourd'hui : Metz, 14 h 30 au Centre Pompidou ; Nancy, 14  h place Dombasle ; Longwy, 14 h 30 place Darche ; Toul, 10 h place Ronde ; Epinal, 14 h 30 au port d'Epinal ; Bar-le-Duc, 14 h 30 à la gare SNCF ; Verdun, 10 h place du 8 mai 1945 ; Commercy, 10 h 45 place du Fer-à-Cheval.