« On veut sauver notre CHRU » (ER - Faits-divers 54B / Me. 12 Septembre 2018 )

Publié le 12/09/2018

À l'appel des syndicats, 400 soignants et personnel hospitalier se sont réunis devant les hôpitaux de Brabois pour dire non aux suppressions de poste et réclamer de l'argent au gouvernement.

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Feux de palettes, drapeaux, lâcher de 400 ballons... Et des personnels de santé en blouse blanche, rose, bleu, des cadres, des médecins... Il y avait de l'agitation hier mardi à 13h30 devant les hôpitaux de Brabois. La CFDT avait appelé la veille à une mobilisation massive : « Aujourd'hui, nous sommes réunis avec la CGT, FO et la CFTC pour dire non aux 400 nouvelles suppressions de postes et non au chantage du gouvernement », clame dans le mégaphone Alex Gorge, le secrétaire CFDT du CHU, perché sur le toit de la camionnette syndicale. « Nous imposons qu'il nous donne l'argent dont on a besoin ».

Les manifestants agitent les drapeaux orange, bleu, rouge, applaudissent en criant bravo. Comme Maryline, 55 ans dont 35 au CHU : « 400 postes menacés, c'est dramatique. J'ai peur », s'exclame l'aide-soignante en chirurgie digestive. « Peur pour la qualité des soins, on ne peut pas travailler de la même manière avec moins de moyens humains ! Peur pour les patients qui craignent de ne plus être soignés. C'est dingue de mettre un hôpital en danger. On est tous concernés. »

« Le personnel n'en peut plus »
 

À son tour, la CGT grimpe sur le véhicule et annonce : « Le CHU n'est pas une usine à soin, pas une entreprise, il n'a pas à être rentable. Le personnel n'en peut plus. » La déléguée Sophie Perrin donne des exemples d'hôpitaux qui ont lutté et gagné. « Mobilisons-nous ! » Même son de cloche pour FO et son représentant Cyril Mahier qui porte un badge « La suppression des emplois nuit gravement à la santé. »

À la fin de l'heure de grève, Alex Gorge reprend la parole pour remercier le personnel présent : « On est nombreux, c'est une très forte mobilisation, on me dit que nous sommes 400 ! C'est le même nombre qui peut être supprimé. On veut sauver notre CHU, rester le 10e meilleur hôpital de France. »

Une délégation CFDT a rendez-vous le 24 septembre à l'Agence de Santé Régional (ARS), chargée de mettre en œuvre les décisions du gouvernement et donc de la ministre de la Santé Agnès Buzyn. « Elle est au courant et ne fait rien. On a lancé un SOS lundi, brûlé des palettes mardi... Si rien ne bouge, on passera à un niveau supérieur », menace le syndicaliste. « Et on ne s'interdit rien. »