"Ne touchons pas au 1er mai" (ICI Lorraine Meurthe-et-Moselle et Vosges / 22 Janvier 2026)

  • Conditions de travail

Faut-il permettre à certains magasins d'ouvrir le 1er mai, seul jour chômé obligatoire de l'année ? Une proposition de loi déposée par la Droite Républicaine, les députés LR, vise à mettre fin au flou juridique. Les syndicats crient au scandale, dont Stéphane Petitdemange, de la CFDT 54.

Jour de manifestation ouvrière à la fin du 19ème siècle, le 1er Mai devient définitivement un jour chômé en France à partir de 1948. Mais une page d'histoire est elle en train de se tourner ? Dans le cadre de leur niche parlementaire, les députés de la Droite Républicaine (ex-LR) ont déposé une proposition de loi qui sera examinée, ce jeudi, et qui vise à permettre à certains artisans, comme les fleuristes ou les boulangers, de pouvoir travailler avec leurs salariés.

L'invité d'ICI matin est Stéphane Petitdemange, secrétaire général CFDT Commerce et services en Meurthe-et-Moselle.

ICI Lorraine :  Vous êtes tombé de votre chaise en voyant cette proposition de loi ?

Un petit peu oui, cela faisait un moment qu'on était au courant de la proposition de loi qui a été faite par les députés LR, et donc il y a déjà des textes au niveau de l'intersyndicale qui ont été émis au sein de nos différentes organisations.

Il y a une unanimité entre les syndicats, la CGT appelle un rassemblement devant l'Assemblée nationale et parle d'une "déclaration de guerre pour les salariés". Vous êtes sur la même ligne ?

Ce qu'on veut, c'est protéger et sauvegarder le droit des salariés pour le 1er mai. Je tiens quand même à rappeler que la France n'est pas une exception mondiale, il y a environ 160 pays qui fêtent le 1er mai dans le monde, et je pense que c'est important que la France continue à préserver ses acquis sociaux.

Le 1er mai est un jour chômé depuis 1948 dans le Code du travail, mais c'est une tradition qui nous vient des États-Unis au départ. C'est ensuite devenu à la fin du XIXe siècle un jour de lutte sociale, et c'est depuis 1948 devenu un jour chômé. Vous parlez d'un droit pour les salariés, mais certains veulent justement travailler ?

Je l'entends, on comprend tout à fait qu'il y a des secteurs d'activité qui sont demandeurs. Mais à mon sens, quand les magasins restent ouverts, il faut qu'un employeur ne puisse pas employer un salarié - qu'il puisse ouvrir son commerce, et le tenir tout seul.

J'ai entendu différents reportages où certains disaient qu'effectivement c'est compliqué de tenir un commerce un tel jour sans salarié, mais je tiens à rappeler que le risque est que cela ouvre une brèche.

Pour écouter l'interview

  • francebleu 1er mai 2026 Stephane Petitdemange

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