Déserts médicaux : avis mitigé pour le plan de l’ARS (DNA / )

  • Santé et Qualité de Vie au Travail

Le conseil régional du Grand Est a émis un avis réservé sur le plan stratégique préparé par l’agence régionale de santé à l’horizon 2028. L’exécutif demande de mieux tenir compte des spécificités des bassins de vie. La question des déserts médicaux est au cœur des enjeux des années à venir.

La santé n’est pas une compétence de plein exercice du conseil régional, mais la collectivité s’en est saisie depuis des années car c’est un enjeu central dans une région qui doit faire face à une démographie qui ralentit, une population qui vieillit et des secteurs entiers qui subissent la désertification médicale .

Cet été, la chambre régionale des comptes a salué dans un rapport sur les années 2018-2021 la montée en puissance et la structuration de la politique santé au sein de la collectivité, qui s’est faite sous l’impulsion du précédent président Jean Rottner , médecin de profession. Le conseil régional y consacre 184 millions d’euros par an (via ses compétences en matière de formation professionnelle ou d’aménagement du territoire) et la montée en puissance s’est traduite en 2021 par la création d’une commission et d’une vice-présidence qui lui sont dédiées.

La désertification médicale est l’un des enjeux les plus importants en matière de santé, avec la prévention. Un médecin sur trois prendra sa retraite d’ici cinq à dix ans dans le Grand Est et 70 % de la population habite dans une zone où il y a une sous-densité de professionnels de santé. La région propose un certain nombre de dispositifs d’aides (bourses pour les internes, étudiants, aides à l’hébergement) et intervient en appui des initiatives qui peuvent être prises par les collectivités ou les professionnels.

« La nécessité d’agir davantage ensemble »

Le mois dernier d’ailleurs, la vice-présidente en charge des dossiers santé Nadège Hornbeck a adressé un courrier aux présidents des communautés de communes de la région afin de leur rappeler l’existence de nombreux dispositifs d’aide dont ceux en soutien aux maisons de santé pluri-professionnelles.

L’action de la région intervient en complément de celle de l’ARS (agence régionale de santé). C’est pour cela que la directrice générale de cette dernière, Virginie Cayré, est venue présenter les grands axes de son plan stratégique 2023-2028 aux élus régionaux, le 12 octobre. Et le conseil régional a émis un avis positif mais avec réserves, estimant que si les orientations sont bonnes, « il est important de porter des actions plus concrètes et plus différenciées entre les territoires qui composent notre région », indique le texte de l’avis.

« Nous partageons les grandes orientations », assure Nadège Hornbeck, « mais nous proposons un avis réservé car nous ne pouvons-nous satisfaire de la situation actuelle. Il y a la nécessité d’agir davantage ensemble, de porter davantage d’actions concrètes et plus différenciées entre les territoires de notre région. C’est un avis réservé mais constructif, avec la volonté de faire avec l’État, et une attente d’être davantage associés à la planification et de mutualiser nos besoins. »

L’ARS défend sa stratégie

La présidente de la commission santé Véronique Guillotin estime de son côté qu’« il va falloir qu’on travaille de manière plus coopérative et plus décentralisée », que « nous y allions en ordre de marche, en commando, et voir qui peut ajuster et qui peut aider ces territoires. Sachant qu’il y a des territoires qui vont mieux que d’autres. »

Face à ces critiques larvées, Virginie Cayré a défendu l’action de l’agence et son organisation : « L’ARS, c’est effectivement un siège régional mais dix délégations territoriales dans chacun des dix départements de la région, dirigées par un directeur de plein exercice, à qui je fais aussi le choix de déléguer des crédits d’intervention. Donc nous avons une territorialisation de l’action et une capacité à agir localement, en lien avec l’ensemble des partenaires. Les élus locaux des départements ont l’habitude d’interpeller les délégués territoriaux pour des actions adaptées aux besoins des territoires. »Les groupes d’opposition n’ont pas suivi la majorité dans son approche, estimant en quelque sorte Un médecin sur trois prendra sa retraite d’ici cinq à dix ans dans le Grand Est.

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