Octobre rose: les cancers du sein liés au travail, un angle mort de la prévention en France (AFP/03 octobre 2025)
Certains cancers du sein sont-ils dus au travail ? En France, .../... seules quelques femmes ont réussi à faire reconnaître l'origine professionnelle de leur maladie .../...
Alors qu'a débuté l'opération annuelle Octobre rose dédiée au dépistage, les pouvoirs publics "ne s'intéressent pas assez aux conséquences du travail chez les femmes", a estimé Jean-Luc Rué, responsable santé sécurité CFDT Grand Est, syndicat très actif sur le sujet.
Travailler de nuit plus de deux nuits par semaine pendant plus de 10 ans multiplie le risque par trois, a dit l'Institut national de la santé et de la recherche médicale en 2018. L'exposition à certains produits chimiques pourrait aussi influer.
Or les "conséquences du travail pouvant engendrer un sur-risque" sont "très rarement" évoquées par les politiques publiques, alors qu'"en éliminant ces éléments, on pourrait réduire le nombre de pathologies", a déploré récemment M. Rué devant l'Association des journalistes de l'information sociale (Ajis). ../...
Une maladie est dite "professionnelle" lorsqu'elle est la conséquence de l'exposition habituelle d'un travailleur à un risque physique, chimique ou biologique et si elle figure dans l'un des tableaux du régime général ou agricole de la Sécurité sociale, issus de la négociation entre syndicats et patronat. Quand il n'existe pas de tableau, comme pour le cancer du sein, des médecins étudient le dossier et se prononcent sur le lien entre le travail et la pathologie, dans un comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles (CRRMP). La femme doit alors prouver un "lien direct et essentiel" entre son cancer et son activité.
Jusqu'ici, très peu de femmes ont obtenu cette reconnaissance ouvrant droit à une indemnisation.
La première, en 2023, était une infirmière mosellane exposée à des rayons et travaillant de nuit à l'hôpital pendant 28 ans.
"La difficulté, c'est qu'on manque d'études sur l'impact du travail chez les femmes, alors qu'un travailleur sur deux est une travailleuse", a pointé M. Rué, membre de la commission fixant les critères de reconnaissance des maladies professionnelles (CS4).